Dans une lettre que Winslow écrit à Handfield, le 19 septembre 1755, un passage se lit comme suit :
"J'attends impatiemment l'arrivée de Mr. Saul et ceux de Chignecto pour qu'enfin nous puissions en finir avec cette affaire ennuyeuse qui m'afflige plus que tout ce que j'ai pu exécuter durant mon service. "
Dans sa réponse écrite, le 23 septembre, Handfield répond :
" Je me joins de cœur à vous en pensant que nous fûmes tous les deux entraînés dans la plus désagréable et ennuyeuse tâche de notre service. "
Pourtant ces hommes étaient de rudes militaires, endurcis par les batailles et la vie quotidienne remplie de surprises de la part des Indiens.
Est-ce que ce sont là des réflexions de personnes satisfaites de leur travail, ou plutôt, de personnes écœurées d'être obligées d'exécuter des tâches qui leur répugnent ?
Je crois que le Frère Bernard, C.S.V., dans son livre " Le drame Acadien " page 312, généralise trop facilement, en plaçant tous les Anglais " dans le même sac ", quand il écrit :
" Fini le temps des paroles... L'heure a sonné d'une action rapide, énergique, sans faiblesse ni pitié, telle que la préconise l'ambitieux et vindicatif Lawrence. Un groupe de subalternes, animé des même sentiments, n'attend qu'un signe pour agir. C'est Monckton, premier lieutenant de Lawrence et organisateur militaire de l'expulsion ; c'est le Major Winslow et Charles Morris, qui surveillent la région de Grand-Pré ; c'est le Major Handfield, successeur de Monckton au commandement d'Annapolis ; c'est encore Alexander Murray, du fort Edward...etc. Tous rudes militaires prêts à tailler dans le vif, stimulés d'ailleurs par l'appât des dépouilles. "
Je ne crois pas que l'on puisse placer ainsi sur un pied d'égalité, tant de personnes qui ne pouvaient certes pas toutes avoir les mêmes sentiments.
Utilisant l'excuse, que les bateaux étaient déjà trop chargés, John Handfield retarde jusqu'au mois de mai 1756, l'expulsion de Jean-Simon Leblanc, son épouse et leur deux filles et à l'occasion de leur départ, il écrit personnellement à William Shirley, gouverneur du Massachusett, recommandant M Leblanc, et je cite:"....à votre bienveillante attention et s'il peut être établi convenablement près des siens, je considérerai ce geste comme une faveur personnelle". N'est-ce pas là un geste d'amitié sincère, par un supposé ennemi ??
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L'uniforme que le Lieutenant-Colonel John
Handfield, "40th Regiment of Foot", aurait porté à Louisbourg
en 1758. Le chapeau noir bordé or, les cheveux (une perruque), chemise
avec poignets blancs. Manteau et pantalon rouges bordés or. Le veston
est beige aussi bordé or. Les bottes sont noires avec bordure supérieure
or. Les éperons, le manche et la garde de l'épée sont dorés. L'esquisse,
de Alan H. Archambault, est tiré d'un dessin original du " Public
Record Office ", Londres, Angleterre. Seul l'uniforme est authentifié
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En 1756, une missive du Conseil de la Province annonce à Handfield la déclaration de la guerre entre la France et l'Angleterre. L'année suivante des préparatifs sont faits à Halifax pour une expédition contre Louisbourg ; mais les choses traînant en longueur, le tout est remis à l'année suivante et les troupes retournées dans leurs villes respectives.
Le 20 avril 1758, les troupes sont rappelées à Halifax pour monter sur les navires qui quitteront la rade le 28 mai, pour Louisbourg où ils arrivent le 3 juin 1758. Selon les rapports des navires de reconnaissance, l'État Major prend 5 jours pour mettre au point la stratégie du débarquement. L'armée de débarquement est divisée en deux parties, dont la droite, celle qui sera la plus près de la forteresse, est divisée en deux ailes, la droite et la gauche. Dans l'aile gauche se trouve le Lt-Col. Handfield à la tête de trois régiments, les 15e. 35e et 40e. Le débarquement eu lieu jeudi le 8 juin 1758. Voir carte.
Descendus dans les chaloupes, les hommes attendent, cachés derrière les frégates " Gramont ", " Diana " et " Shannon ", le signal de ramer vers la côte. La destination ; deux petites anses situées à environ un mille et demi de " White Point ", soit environ 3 milles de la forteresse.
L'opération fut un succès et après la consolidation de leur position et le débarquement de l'artillerie, les Anglais commencent le siège ; creusage de tranchées, capture de points stratégiques etc..., tâche ardue a cause de la nature du terrain, qui est spongieux et marécageux. Il y a aussi les moustiques. Le 11 juin, à 8 heures du matin, John Handfield est désigné pour conduire dans les tranchées un détachement composé de trois Capitaines, huit officiers subalternes et 300 hommes, en apportant des provisions pour 6 jours.
Le 26 juillet 1758, après 56 jours de siège et de bombardements intensifs, les Français rendent les armes. La capture de Louisbourg a coûté aux Anglais 172 tués et 354 blessés, sur les 11,602 hommes engagés dans l'aventure. Les Français avaient 5731 hommes dont 1347 malades ou blessés. Durant l'hiver qui suivit, les Anglais perdirent, par maladie et privations plus de 500 hommes. Le 40ième Régiment était parmi ceux qui sont demeurés en garnison à Louisbourg pour l'hiver.
L'année suivante, la flotte anglaise a rendez-vous à Louisbourg en route vers Québec. Seulement un détachement du 40ième Régiment ira à Québec. Handfield demeurera en commandement à Louisbourg où l'on entreprend la démolition de la forteresse.
Le Lt-Col. John Handfield ne s'est rendu ni à Québec ni à Montréal, mais aussitôt la conquête du Canada assurée et craignant peut-être une autre déportation, il se retire de l'armée au mois de juillet 1760. Le Révérend Parkman, un historien de cette époque, raconte dans son "journal", qu'il l'a rencontré ainsi que son épouse, à Boston le 28 mai 1760. Dans le Dictionnaire Biographique du Canada volume III, le Professeur Godfrey de l'Université Mount Allison du Nouveau Brunswick, le fait décéder en 1763, ce qui est nécessairement faux.(Je l'ai informé de son erreur.) Le Lieutenant-Colonel John a peut-être quitté Boston pour l'Irlande en 1763, c'est possible mais pas certain. Mais il était à Dublin le 12 juillet 1776. Je n'ai pas réussi à trouver de preuves à savoir s'il est retourné immédiatement en Europe ou s'il est demeuré en Amérique encore quelques années. Mais la déclaration de la guerre de l'Indépendance américaine le fit certainement fuir de l'Amérique, afin de ne pas perdre sa pension de militaire à la retraite, car il ne savait pas ce qui arriverait au Canada.
On le retrouve à Dublin, en Irlande, où il a fait son testament le 12 juillet 1776, testament qui fut homologué le 30 décembre 1788. Il est donc décédé en Irlande âgé de 95 ans, après une vie remplie d'aventures, dont il passa au moins une quarantaine d'années en Amérique. Son fils Thomas allait engendrer au Canada une descendance qui se continue et qui ne va pas s'éteindre bientôt, si l'on considère le grand nombre de Handfield qui habitent Montréal et la région.
Enseigne : 26 février 1720
Lieutenant : 12 avril 1731
Capitaine-Lieutenant : 3 septembre 1739
Capitaine : 22 mars 1740
Major : 15 octobre 1754
Lieutenant-Colonel : 18 mars 1758
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