L'année suivante, en 1750, le vendredi 20 avril, Lawrence avec une flotte de sept navires de guerre, décide de faire une incursion dans le bassin de Chignecto, afin de connaître l'état des lieux et les réactions des habitants. Il a avec lui Charles Leblanc de Grand-Pré et M. Landry, le député du Bassin des Mines, qu'il a fait monter de force à bord de son navire, afin de s'en servir au besoin pour essayer de convaincre les habitants de cette région de coopérer avec les Anglais. Mais son expédition fut un échec.
Pour s'assurer de la docilité de ses " hôtes ", Lawrence avait donné ordre au Capitaine Handfield, qui était encore le commandant du fort de Grand-Pré, de placer en sûreté dans le fort, Mme Landry et ses enfants. Des otages, quoi. L'aventure s'était terminée avec le retour des navires, le 26 avril, et la libération des otages.
En 1752, John était revenu à Annapolis, où il n'y avait pas de Chapelain pour la garnison, ni aucun " clergyman " dans le comté. Alors il était du devoir du Commandant militaire de célébrer les mariages. C'est ainsi que le 15 août, le Gouverneur Hopson donnait à John Handfield, Juge de Paix pour la Province, pleins pouvoir et autorité pour officier au mariage de sa propre fille, Mary, au Lieutenant Hamilton. Ce dernier venait d'être relâché contre rançon, après sa capture à Grand-Pré en 1749.
Au mois de novembre 1753, le Conseil de la Province informe le Capitaine Handfield que l'administration des affaires publiques relève maintenant de l'Honorable Charles Lawrence. La confirmation de cette nomination fut envoyée de Whitehall, Londres, le 4 avril 1754 et reçue à Halifax le 13 juin 1754. Après cette date, les évènements vont se précipiter.
Le 1er août, Lawrence informe les Lords du commerce et des colonies, qu'il va faire déporter les Acadiens.
Le 13 juillet 1755, les Députés des habitants français de la vallée d'Annapolis, pour obéir à une proclamation de Lawrence, se rendent au Fort avec une pétition signée par 207 habitants et remettent leurs armes à feu au Major Handfield " notre très digne commandant ". Cette phrase de la pétition a une très grande signification, comme nous le verrons plus tard.
Dix-huit jours plus tard, soit le 31 juillet, après que les habitants eurent rendu leurs armes et sans avoir reçu l'approbation de Londres, Lawrence écrit à chacun des gouverneurs militaires des différents comtés d'Acadie pour leur expliquer les raisons qui motivent sa décision et le 11 août 1755, l'ordre de déportation est envoyé.
La lettre à Handfield commence par cette phrase : " Instructions pour le Major Jn Handfield, commandant de la garnison de sa Majesté à Annapolis en vue du transport des habitants du district de la Rivière Annapolis et des autres habitants français hors de la Province de la Nouvelle-Écosse.
La traduction de cette lettre est disponible ici
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