Thomas et Marie-Joseph font leur testament

Le 24 janvier 1795, devant Maître Duvernay, Thomas et son épouse signent un testament réciproque : don des biens au dernier survivant. Six ans plus tard, ils se rendent à William Henry, le 29 juin 1801, pour rencontrer le Notaire Crébassa et faire un véritable testament indiquant la part de chacun de leurs enfants.

Dans le " Dictionnaire Général du Canada " du Père Lejeune, il est dit que la ville de Sorel s'est appelée William Henry de 1787 à 1830. Après 1830, le nom Sorel a repris sa place.

 Extrait du testament de 1801

" Premièrement comme Chrétien a recommandé son âme à Dieu, quand elle sortira de son corps, à Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, Suppliant sa divine Bonté par les mérites de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ, par l'intercession de la très Sainte Vierge, de St-Thomas son Patron, de tous les Saints et Saintes de la Cour Céleste de lui pardonner ses offenses, lui faire Miséricorde et le placer au nombre des Bienheureux. Le dit testateur veut et ordonne que ses dettes soient payées et tort, si aucun se trouve, réparé par son Exécuteur testamentaire ci-après nommé. Veut et ordonne que son corps soit inhumé selon le Droit Canon de l'Église Presbytérienne, sans aucune pompe mais d'une manière décente ".

Malgré ce désir exprimé dans son testament, Thomas a reçu les derniers Sacrements selon les rites de l'Église catholique et fut inhumé dans le cimetière de Verchères avec ses enfants défunts.

À son fils Alexis, né de son premier mariage et qui, à sa majorité, a reçu l'héritage qui lui venait de sa mère (quittance le 1 septembre 1788, Me Duvernay) il ne lègue rien, à cause des mauvais traitements que celui-ci lui a fait subir de son vivant. Alexis était décédé avant 1801, date de ce testament, avec comme seule héritière, une fille née en 1788.

À son fils Thomas, il lègue la ferme de la " Beauce ", dont j'ai parlé plus haut.

À son fils Jean-Baptiste, il lègue la moitié de la ferme du " petit côteau " avec la maison de pierres.

À son fils François-Xavier, l'autre moitié de la ferme du " petit côteau " avec la maison de bois.

À ces trois fils, il impose l'obligation de verser à leur sœur Marianne, la somme totale de 800 livres, répartie selon la valeur de leur leg.

Une somme égale avait été donnée à Charlotte et Marie-Joseph, deux de leurs sœurs, lors de leur mariage.

Élizabeth, fille du premier mariage, avait également reçu son héritage à son mariage.

Lors de la rédaction de ce testament, Marianne n'était pas encore mariée, mais l'année suivante, le 22 novembre 1802, elle épouse Michel Petit, de Verchères, et ce dernier ne devait pas plaire à son beau-père, puisque le 19 janvier suivant, Thomas se rend chez le notaire Mondelet, à Montréal et sous forme de codicille, il altère son testament et déshérite complètement sa fille.

Mais, après la mort de son mari, la mère de Marianne fait venir chez elle au Petit Côteau, le 12 sept 1828, le notaire Pinet et donne à sa fille la somme de 800 livres, dont le père l'avait privée.

Il faut croire qu'entre mères de famille, on se comprend bien quand il s'agit des hommes. Marie-Joseph Senécal ne voulait pas déplaire à son mari, du vivant de celui-ci, mais comprenait très bien qu'il avait été injuste envers une de leurs filles. Sur son lit de mort, Thomas a peut-être eu un bon mouvement et suggéré à son épouse d'agir ainsi.

Afin de pouvoir établir son autre fils, nommé Joseph, sur une ferme, Thomas achète, dans la Seigneurie de Cournoyer (St-Marc) par contrat passé devant Maître Mondelet, le 14 juillet 1801, la ferme de Jean-Baptiste Hétu, d'une superficie de 60 arpents. À sa demande, cette terre avait été arpentée le 20 juin 1801, par P. Dezery, arpenteur de Montréal.

Cette terre porte le numéro 454 du Cadastre actuel de St-Marc et était la propriété de M. Arthur Charron en 1971. La maison et les bâtiments de ferme n'existent plus.

Le 5 août de la même année, Thomas et son épouse retournent à William Henry (Sorel) et complètent leur testament du 29 juin 1801.

 La mort de Thomas à 88 ans

Le 17 juin 1828, après une vie, parfois aventureuse, mais bien remplie, après avoir refusé l'avancement et peut-être les honneurs dans l'armée du pays de son père (il les aurait obtenus sans doute, si il y était allé comme ses frères), n'ayant jamais reculé devant ce qui lui semblait être son devoir, après s'être astreint à la vie dure et ingrate du pionnier.

Thomas quittait à jamais sa nombreuse famille à l'âge respectable de 88 ans.

Dans le registre de Verchères, le curé a écrit " né en Angleterre " erreur bien compréhensible car c'était un Anglais, mais à son mariage, il avait déclaré " natif de Port-Royal en Acadie ". Lui aussi était un déporté... mais volontaire.

Son épouse le suivit dans la tombe un an plus tard, le 14 juillet 1829, âgée de 77 ans.

 

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