Aussitôt la nouvelle de la fin de la guerre connue à Québec, Thomas laisse l'armée et comme les ennemis d'hier sont maintenant des amis, plus rien empêche les amoureux clandestins de s'épouser. C'est ainsi que le 7 janvier 1764, à Québec, Thomas Handfield natif de Port-Royal en Acadie, fils du Sieur Jean Handfield et de Demoiselle Elisabeth Winniet, épousait à Québec, Marianne Poulin fille du Sieur Jean Poulin forgeron de Charlebourg et de Demoiselle Marie-Louise Renaud. La mariée habitait la ville de Québec.
Aussitôt le mariage célébré en présence de Louis Rousseau et Michel Larus, amis de l'époux et de Jean Poulin père de l'épouse, de Marie et Charlotte Poulin, sœurs de l'épouse, de Henri Monjon et Pierre Beaupré, beaux-frères, les nouveaux époux ont procédé à la légitimation de leur fils né le 7 mai 1761. Tous ces actes ont été enregistrés par le curé Félix Récher de la paroisse Notre-Dame de Québec.
Un fait est à remarquer ici, les amis et témoins de Thomas sont tous des Canadiens-Français, et lui-même déclare que son père se nomme Jean et non John. Puisque les grands-parents maternels de Thomas étaient Acadiens-Français et Français, j'ai l'impression que les deux langues étaient parlées dans la famille en Acadie.
Le 16 septembre 1764, une fille, Marianne comme sa mère, vint combler les nouveaux époux. Malheureusement les 2 enfants meurent en 1765.
Le 4 octobre 1766, par acte passé devant Maître Panet, notaire royal, (mais dont l'écriture n'a rien de royal) Thomas achète de Dame veuve Jacques St-Hubert, une maison sur la rue St-Charles, en arrière de l'Hôtel-Dieu. Cette rue est maintenant la continuation de la rue Saint-Vallier. Cet emplacement se trouvait dans le fief de la Miséricorde, Seigneurie de l'Hôtel-Dieu.
La maison avait 20 pieds de front sur 30 de profondeur. Elle était construite en pierres et n'avait qu'un étage. Son prix d'achat, 275 piastres dont 120 comptant et le reste, 155, payable dans deux mois. La piastre valait six livres. Donc une maison de 1650 livres devait être plus que passable. Dans ces années, une terre en valeur avec maison et bâtiments de ferme se vendait environ 2000 livres. La maison avait été bâtie avant 1739, le terrain avait été acheté des Sœurs de l'Hôtel-Dieu par Jean Pépin, le 3 mai 1721, pour la somme de 300 livres, contrat passé devant Me La Cetière, notaire.
La famille n'a emménagé dans cette maison qu'en juin 1767, comme le prouve un relevé au Livre des Rentes. En date de mai 1767, il y a cette note " La Vve St-Hubert a payé la rente de 5 mois, c'est un Anglais qui a acquis de la dite veuve St-Hubert et qui doit 7 mois pour l'année 1767, 17 livres 10 sols.
Dans cette maison sont nés les deux seuls enfants du couple, qui atteindront leur majorité et se marieront, soit Alexis, né le 26 août 1767 dont je parlerai plus tard et Elizabeth, née le 23 mars 1769, qui à l'âge de 22 ans, épousera à Verchères, Amable Martel, un voisin. Elle fut inhumée à St-Charles sur Richelieu, le 25 décembre 1834. La famille a occupé la maison jusqu'à l'été 1769. Au mois d'octobre de la même année, c'est Louis Corbin qui paye la rente pour M. " Intfil ". Les époux ont passé l'hiver 1769-70 à Verchères dans une maison louée de Guillaume Lasserre, où le 26 février naissait un cinquième enfant, baptisé à Verchères sous le nom de Charles.
Peut-être l'ennui, mais certainement la maladie de l'épouse a incité la famille à retourner à Québec à l'été 1770. Marianne y est décédée le 22 août et fut inhumée le lendemain dans le cimetière Notre-Dame. Elle y rejoignait ses deux premiers enfants. Son dernier-né succombait le printemps suivant, le 6 mars 1771. Il fut inhumé à Verchères où Thomas s'était établi définitivement. Lors de l'achat de sa maison de Québec, Thomas a déclaré qu'il était négociant. Négociant en quoi ? Je l'ignore.
En 2003, j'ai appris que Marianne est décédée de la petite vérole.
1. Thomas -- Né à Québec le 8 mai 1761, décédé à Québec le 18 avril 1765.
2. Marianne -- Née à Québec le 16 septembre 1764, inhumée à Québec le 7 août 1765.
3. Alexis -- Né à Québec le 26 août 1767; marié à Beloeil le 23 juillet 1787 à Brigitte Rémy, inhumé entre 1788 et 1794.
4. Élizabeth -- Née à Québec le 23 mars 1769; mariée à Verchères le 7 octobre 1791 à Amable Martel, décédée le 23 décembre 1834 et inhumée à St-Charles le 25 décembre sous le nom de "Barbe" Handfield.
5. Charles -- Né à Verchères le 26 février 1770, inhumé à Verchères le 6 mars 1771
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